APPEL A PROPOSITIONS / CALL FOR PAPERS ERRS 8, N°1

APPEL A PROPOSITIONS / CALL FOR PAPERS:

 

Études Ricœuriennes / Ricœur Studies (ERRS)

 

Volume 8, N° 1 (2017) / « Histoire-Philosophie : aller/retour »

 

 

 

Les Etudes Ricœuriennes / Ricœur Studies consacreront le Volume 8, N° 1 (2017) à la question des apports des réflexions philosophiques de Paul Ricœur à la pratique historienne.

 

 

Les interrogations sur l’histoire ont accompagné tout le parcours de Paul Ricœur. Dès 1952, il intervient en prononçant une conférence sur « Objectivité et subjectivité historique » qu’il reprendra dans Histoire et Vérité en 1955. Puis, ce sera le grand triptyque Temps et Récit publié entre 1983 et 1985 et enfin son maître-livre La mémoire, l’histoire, l’oubli en 2000. Le temps est venu de considérer en quoi ces réflexions peuvent être fécondes pour l’historien de métier qui utilise le plus souvent un certain nombre de notions, de concepts sans en interroger la validité et les limites. Tant au plan phénoménologique, épistémologique qu’ontologique, l’œuvre de Ricoeur nous semble être une ressource potentielle particulièrement riche pour accompagner le tournant réflexif et herméneutique de la discipline historique.

Si l’historien se dit maître de la vérité depuis Thucydide, interrogeons avec Ricœur cette intentionnalité du vrai, de la preuve, cette volonté d’accéder au passé tel qu’il s’est passé telle que l’a exprimé Ranke au XIXe siècle, et que Ricœur thématise avec le concept de « représentance ». Situant l’épistémologie historienne entre science et fiction, Ricœur a montré l’apport des narrativistes. Réinterrogeons les limites, les frontières qui distinguent ces deux pôles selon lui et notamment sa position par rapport à Hayden White qui a été la cible de nombreuses critiques de la part des historiens de métier, mais le plus souvent sur la base de procès d’intention fondés sur des malentendus.

Kantien post-hégélien comme il aime à se présenter, Ricœur aura « renoncé à Hegel » au sens d’une mise en cause de la présupposition d’un Telos, permettant ainsi la réouverture de l’investigation historienne sur une indétermination et une relecture défatalisante du passé. Ricœur donne ainsi tout son sens au Kairos, à l’événement dont on n’a pas fini d’approfondir les déplacements. Il aura ainsi invité les historiens à passer d’un causalisme mécanique strict d’explication des énigmes événementielles à une attention privilégiée sur leurs traces et leurs métamorphoses dans le temps jusqu’à nous.

Philosophe de l’homme capable, Ricœur a toujours été attentif à la place des acteurs dans l’histoire, ce qui l’a conduit à se faire critique de l’évolution de l’école des Annales dans les années 1970-80 vers une histoire de plus en plus immobile, structurale. Il aura aussi initié le tournant pragmatique actuel de la discipline historique qui s’interroge aujourd’hui principalement sur ce qu’agir veut dire. La construction par Ricœur d’une herméneutique de la conscience historique autour des deux catégories qu’il emprunte à Koselleck, celle d’espace d’expérience et d’horizon d’attente, permet surtout de répondre à la crise d’historicité que nous traversons en revisitant les possibles non avérés du passé afin de reconstruire un nouveau projet, un nouvel horizon d’attente. Face au scepticisme grandissant, Ricœur donne là une leçon d’espérance en ces temps où l’avenir est de plus en plus opaque, avec un futur forclos du fait du destin funeste des utopies passées. L’espoir en une émancipation a fait place à  l’idée d’une catastrophe à venir à juguler.

Ricœur permet de résister à ce que François Hartog qualifie de « présentisme » et qui se caractérise par une situation de « commémorite » aiguë qui a tendance à se contenter de recycler le passé en le ressassant sans qu’il vienne revitaliser l’action présente. Là encore, par ses distinctions entre histoire et mémoire, Ricœur nous est de la plus grande utilité et l’on pourrait s’interroger pour savoir en quoi le « travail d’histoire » peut contribuer à apaiser les mémoires blessées et dans quelle mesure ce liement/déliement peut permettre ou non à l’historien de se faire thaumaturge.

 

Ce volume consacré aux apports des réflexions philosophiques de Ricœur à la pratique historienne souhaiterait donc susciter un large éventail de contributions portant aussi bien sur l’intentionnalité de la connaissance historique dans ses liens avec la fiction, sur les perspectives d’une pensée rénovée du Kairos et de l’événement, sur les enjeux du tournant pragmatique actuel dans la discipline historique que sur l’importance de la réflexion ricœurienne sur les relations entre histoire et mémoire. Au-delà de ces thématiques, nous sommes enfin ouverts à d’autres interrogations ou d’autres approches possibles de ce qui fait la richesse et l’intérêt de la pensée ricœurienne de l’histoire.

 

 

 

 

Date limite de transmission des textes : 15 mars 2017.


 

Nombre de caractères max. (espaces compris, notes incluses) : 50 000 caractères. Les contributions doivent être rédigées en français ou en anglais.

 

Format : Pour les questions de style, le journal suit le Chicago Manual of Style.

Voir sur le site de la Revue, la rubrique « Directives aux auteurs » :

http://Ricœur.pitt.edu/ojs/index.php/Ricœur/about/submissions#onlineSubmissions.

 

Les articles qui ne respecteront pas ces contraintes éditoriales ne seront pas examinés.

 

Instructions aux auteurs : Pour soumettre un article, les auteurs doivent s'inscrire sur le site du Journal : http://Ricœur.pitt.edu/ojs/index.php/Ricœur/user/register. Les auteurs doivent suivre un parcours rapide (en cinq étapes) pour télécharger leur article sur le site. Dès réception, les auteurs reçoivent un e-mail de confirmation. Tous les articles sont soumis à une procédure d'évaluation dite à l'aveugle par des pairs. 


 

Editeur invité : François Dosse.

 

Eileen Brennan et Jean-Luc Amalric, co-éditeurs Études Ricœuriennes/Ricœur Studies Journal <http://Ricœur.pitt.edu/> 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CALL FOR PAPERS /APPEL A PROPOSITIONS:

Études Ricœuriennes / Ricœur Studies (ERRS)

Volume 8, N° 1 (2017) / « History-Philosophy: Round Trip »

 

Etudes Ricœuriennes / Ricœur Studies will dedicate Volume 8, N° 1 (2017) to the question of the contributions that Paul Ricœur’s philosophical reflections make to the historian’s practice.

 

 

 

Questions concerning history attend the whole of Ricoeur’s journey. As early as 1952, he steps in delivering a lecture on “Objectivity and Subjectivity in History,” which he will go back to in 1955 in History and Truth. Then, there will be the large triptych Time and Narrative, published between 1983 and 1985, and finally his masterwork Memory, History, Forgetting in 2000. The time has come to consider how these reflections can be fruitful for the professional historian who generally uses a number of notions, of concepts without questioning their validity and limits. In phenomenological, epistemological as well as ontological terms, Ricoeur’s work is, in our opinion, a particularly rich potential resource for accompanying the reflexive and hermeneutic turn of the historical discipline.

If, since Thucydides, the historian claims to be master of the truth, let us join Ricoeur and examine that intentionality of the truth, of proof, that will to access how things actually were in the past, as Ranke expressed it in the 19th century and which Ricoeur thematised using the concept of “standing for” (représentance). Situating the historian’s epistemology between science and fiction, Ricoeur showed the contribution made by the makers of narratives. Let us re-examine the limits, the frontiers that, according to him, differentiate these two poles, and particularly his position in relation to Hayden White who was the target of numerous criticisms by professional historians, but more often than not these criticisms were based on a misunderstanding.

Post-Hegelian Kantian, as he likes to describe himself, Ricoeur will have “renounced Hegel” in the sense of questioning the presupposition of a telos, thus making it possible to reopen the historian’s investigation into uncertainty and a defatalizing rereading of the past. Ricoeur thus gives its full meaning to Kairos, to the event whose [semantic] displacements we continue to look further into. Thus, he will have invited historians to switch from the strict mechanical causality of the explanations given for factual problems to a preferred concentration on their traces and their transformations over time right up to the present.

Philosopher of capable man, Ricoeur has always paid attention to the place of actors in history, which led him to be critical of the way the Annales School developed during the period, 1970-1980, i.e., towards a more and more unchanging, structural history. He will also have introduced the current pragmatic turn of the historical discipline that now mainly wonders about what acting means. The construction of a hermeneutics of historical consciousness by Ricoeur around the two categories that he borrows from Koselleck, namely, experiential space and horizon of expectation, makes it possible first and foremost to respond to the crisis of historicity that we go through when re-examining something that goes unrecognized, namely, what was possible in the past, in order to construct a new project, a new horizon of expectation. In the face of growing scepticism, Ricoeur teaches us a thing or two about hope in these times when the future is more and more opaque, with a “forclosed” future on account of the disastrous destiny of past utopian ideas. There hope in emancipation has replaced the idea of preventing a future catastrophe.

Ricoeur makes it possible to resist what François Hartog describes as “presentism,” and which is characterized by a position of acute “commemoritis” that is inclined to content itself with recycling the past, repeatedly rehearsing it without it coming to revitalize present action. Here again, through the distinctions he makes between history and memory, Ricoeur would be of the greatest help to us should we ask ourselves the knowledge oriented questions: How can “the work of history” contribute towards soothing wounded memories and to what extent, if any, can this attachment/detachment enable the historian to become a thaumaturge?

This volume dedicated to the contributions that Ricoeur’s philosophical reflections make to the historian’s practice, would hope then to inspire a wide range of contributions focusing, for example, on the intentionality of historical knowledge in its connections with fiction, on the perspectives of a remodelled thought on Kairos and the event, on what is at stake in the current pragmatic turn in the historical discipline or on the importance of Ricoeur’s reflection on the relationship between history and memory. Finally, beyond these themes, we are open to other questions or other possible approaches to what it is that constitutes the richness and the significance of Ricoeur’s thought on history.

 

 

 

Closing date for the submission of texts: 15th of March 2017.

 

Length: 10,000 words maximum (50,000 characters). This includes text and endnotes. Articles may be written either in English or in French.

 

Format and style: The journal follows the Chicago Manual of Style.

See the rubric ‘Author Guidelines’ on the journal’s website: http://Ricoeur.pitt.edu/ojs/index.php/Ricoeur/about/submissions#onlineSubmissions.

The editors cannot consider articles that do not follow these guidelines.

 

Instructions to authors: In order to submit an article, authors need to register on the journal website: http://Ricoeur.pitt.edu/ojs/index.php/Ricoeur/user/register. There is a quick, five-step procedure to upload articles to the website. As soon as articles are uploaded, authors will receive a confirmation email. All articles will be peer-reviewed by two referees in a ‘double blind’ process.

 

Guest editor: François Dosse

 

Eileen Brennan and Jean-Luc Amalric, co-editors Études Ricœuriennes/Ricœur Studies Journal
 <http://Ricoeur.pitt.edu/>