La défatalisation du passé : Paul Ricœur, Jacques Revel et le réalisme critique en historiographie

Une implication scientifique et éthique pour la Corée et l'Afrique

Autores/as

  • Oung Byun Hallym University, South Korea

DOI:

https://doi.org/10.5195/errs.2026.729

Palabras clave:

défatalisation, Ricœur, Revel, jeux d'échelles, Annales, la Corée, l'Afrique

Resumen

Face à la saturation mémorielle des années 2000, Paul Ricœur, dans La mémoire, l'histoire, l'oubli, engage un dialogue fécond, bien que souvent implicite, avec l'historiographie critique de l'École des Annales, incarnée ici par Jacques Revel. Cet article se propose de construire cette rencontre intellectuelle, dont la portée méthodologique a été jusqu'ici sous-théorisée. En dépassant l'opposition classique entre explication et compréhension et en intégrant la méthodologie des « jeux d'échelles », Ricœur refonde une épistémologie du « fait avéré » qui ancre l'histoire dans un réalisme critique. Nous démontrons comment cette convergence théorique permet une « défatalisation » de l'histoire, rendant aux acteurs du passé leur capacité d'action et leur marge d'incertitude. Cette approche offre aux contemporains une alternative civique au seul « devoir de mémoire » : un devoir d'intelligence critique, fondé sur une histoire qui se veut science de la complexité. Les implications de cette démarche sont explorées pour des contextes post-coloniaux, notamment en Corée et en Afrique, où la défatalisation du passé est une condition pour ouvrir de nouveaux horizons.

Publicado

2026-07-30